Mon charmant coloc m’a ordonné ce midi de raconter mes aventures twitteresques parce que, apparemment, il trouve «que-tu-es-pas-mal-dans-le-vent-avec-ça-Anne-Ma-on-te-veut-exprime-toi.»
Mon premier contact avec Twitter remonte à environ 3 ou 4 semaines, quand les élections américaines n’étaient encore pas terminées. J’ai regardé les pages de Barack Obama et de sa femme, et je trouvais ça lourd : les tweets se succédaient à une vitesse hallucinante sur le mur! J’ai ensuite continué mon périple sur la page de Gilles Duceppe, et je me suis dit « heille, ce n’est surement pas lui qui écrit pour vrai, et les gens doivent rester de glace face au fait qu’il a hâte de faire un speech au Medley! ». Je me suis demandé comment rendre le twitter Québec solidaire plus agréable et comment respecter l’esprit de l’endroit. Certaines personnes du parti étaient un peu rébarbatives (avec raison) quant à l’utilisation de Twitter lorsque je leur ai montré les pages que j’avais visitées, mais je leur ai assuré que je respecterais le fait que QS souhaite se démarquer des autres partis en axant sur le contenu. On m’a donc donné le champ libre.
Le responsable des communications (Simon) ne voyait pas de problèmes avec le fait que je m’identifie dès le premier tweet, il trouvait même ça logique. J’ai été un peu étonnée des diverses réactions positives quand je l’ai fait et je l’ai été encore plus quand les gens semblaient trouver formidable que j’échange avec eux. Maintenant, avec le recul, je suis moins surprise, mais, sur le coup, je me suis dit que soit les autres partis ne comprenaient pas du tout ce qu’était Twitter, ou bien qu’ils étaient tellement dans un carcan institutionnel serré qu’ils ne pouvaient juste pas en utiliser tous les avantages. Je reprendrais ici les mots de Mario Asselin, qui décrit très bien le problème : certains considèrent le web comme une « grosse télé ». Twitter m’a ensuite ouvert les yeux sur la blogosphère, et j’ai commencé à en comprendre les mécanismes en voyant les effets domino qu’il peut y avoir entre les blogues, entre autres, par rapport au débat qu’il y a eu sur l’attitude du milieu des boîtes de com internet face aux partis politiques québécois. J’ai ensuite découvert la blogosphère politique et j’ai commencé à interagir surtout sur celle-ci. Mais bon, j’en aurais long à dire sur la blogosphère !
Avant-hier, j’ai été assez ébahie (et contente, je dois le dire !) quand Michelle Blanc a écrit un billet par rapport à notre discussion sur Twitter et au téléphone sur les transexuel-les. Si elle est si émue du fait que j’ai pris la peine de mieux m’informer sur un sujet au nom d’un parti politique, ça en dit long sur la pauvreté de l’utilisation web des partis ou de leur interaction en général ! Personnellement, j’ai toujours eu cette logique, qui correspond bien aux valeurs démocratiques de QS, de débattre et d’échanger avec le plus de gens possible sur des sujets précis et de m’imprégner de leur réalité pour améliorer les choses. Au fond, quand on y pense, j’ai seulement le mérite d’avoir grandi avec un pc et des «chats» comme caramail ou msn et d’avoir fréquenté des forums ces 3 dernières années, ce qui m’a permis de vivre l’aspect identitaire et interactif du web. De plus, le fait que je sois dans un parti politique souple et participatif aide beaucoup au fait que je puisse agir en conformité avec l’esprit 2.0.
La politique 2.0 ? On y arrive, lentement mais surement. Je suis loin d’être la seule qui a grandi avec internet, et, en ce moment, toute une génération qui grandit avec le web arrive derrière moi.
-Anne-Marie Provost, responsable des cyber-militant-e-s et candidate dans Beauce-Sud