Les dessous de Québec solidaire

On me tord le bras

20 novembre 2008 · 14 commentaires

Mon charmant coloc m’a ordonné ce midi de raconter mes aventures twitteresques parce que, apparemment, il trouve «que-tu-es-pas-mal-dans-le-vent-avec-ça-Anne-Ma-on-te-veut-exprime-toi.»

Mon premier contact avec Twitter remonte à environ 3 ou 4 semaines, quand les élections américaines n’étaient encore pas terminées. J’ai regardé les pages de Barack Obama et de sa femme, et je trouvais ça lourd : les tweets se succédaient à une vitesse hallucinante sur le mur! J’ai ensuite continué mon périple sur la page de Gilles Duceppe, et je me suis dit « heille, ce n’est surement pas lui qui écrit pour vrai, et les gens doivent rester de glace face au fait qu’il a hâte de faire un speech au Medley! ». Je me suis demandé comment rendre le twitter Québec solidaire plus agréable et comment respecter l’esprit de l’endroit. Certaines personnes du parti étaient un peu rébarbatives (avec raison) quant à l’utilisation de Twitter lorsque je leur ai montré les pages que j’avais visitées, mais je leur ai assuré que je respecterais le fait que QS souhaite se démarquer des autres partis en axant sur le contenu. On m’a donc donné le champ libre. 

Le responsable des communications (Simon) ne voyait pas de problèmes avec le fait que je m’identifie dès le premier tweet, il trouvait même ça logique. J’ai été un peu étonnée des diverses réactions positives quand je l’ai fait et je l’ai été encore plus quand les gens semblaient trouver formidable que j’échange avec eux. Maintenant, avec le recul, je suis moins surprise, mais, sur le coup, je me suis dit que soit les autres partis ne comprenaient pas du tout ce qu’était Twitter, ou bien qu’ils étaient tellement dans un carcan institutionnel serré qu’ils ne pouvaient juste pas en utiliser tous les avantages. Je reprendrais ici les mots de Mario Asselin, qui décrit très bien le problème : certains considèrent le web comme une « grosse télé ». Twitter m’a ensuite ouvert les yeux sur la blogosphère, et j’ai commencé à en comprendre les mécanismes en voyant les effets domino qu’il peut y avoir entre les blogues, entre autres, par rapport au débat qu’il y a eu sur l’attitude du milieu des boîtes de com internet face aux partis politiques québécois. J’ai ensuite découvert la blogosphère politique et j’ai commencé à interagir surtout sur celle-ci. Mais bon, j’en aurais long à dire sur la blogosphère !

Avant-hier, j’ai été assez ébahie (et contente, je dois le dire !) quand Michelle Blanc a écrit un billet par rapport à notre discussion sur Twitter et au téléphone sur les transexuel-les. Si elle est si émue du fait que j’ai pris la peine de mieux m’informer sur un sujet au nom d’un parti politique, ça en dit long sur la pauvreté de l’utilisation web des partis ou de leur interaction en général ! Personnellement, j’ai toujours eu cette logique, qui correspond bien aux valeurs démocratiques de QS, de débattre et d’échanger avec le plus de gens possible sur des sujets précis et de m’imprégner de leur réalité pour améliorer les choses. Au fond, quand on y pense, j’ai seulement le mérite d’avoir grandi avec un pc et des «chats» comme caramail ou msn et d’avoir fréquenté des forums ces 3 dernières années, ce qui m’a permis de vivre l’aspect identitaire et interactif du web. De plus, le fait que je sois dans un parti politique souple et participatif aide beaucoup au fait que je puisse agir en conformité avec l’esprit 2.0.

La politique 2.0 ? On y arrive, lentement mais surement. Je suis loin d’être la seule qui a grandi avec internet, et, en ce moment, toute une génération qui grandit avec le web arrive derrière moi.

 

-Anne-Marie Provost, responsable des cyber-militant-e-s et candidate dans Beauce-Sud

Catégories : Candidat-e · Mauricie, Centre-du-Québec et Chaudière-Appalaches · Montréal · Organisateur-trice

14 réponses jusqu'à présent ↓

  • Eric Noel // 21 novembre 2008 à 12:07

    Il faut ajouter à ton expérience twitter ce blogue de campagne.

    Continueras-tu après l’élection?

  • Eric Baillargeon // 21 novembre 2008 à 12:09

    Si il y avait 100 ou même seulement 10 communicatrices comme toi je crois que le taux de vote bondirait de 20-35% au minimum. Enfin quelqu’un qui dialogue à la place de monologuer !!! Bravo mille fois et merci de me redonner un peu confiance en l’avenir en ces temps politiquement et économiquement très moroses!

  • Caroline Allard // 21 novembre 2008 à 12:32

    Je suis une de tes “followeuses” silencieuses sur Twitter mais je profite de l’occasion pour te dire que tu fais un sapré bon boulot! :-) Et ce serait en effet une bien bonne idée de continuer après l’élection, comme la question de E. Noël le suggère.

  • Anne-Marie Provost // 21 novembre 2008 à 12:35

    @ Éric Après l’élection, je souhaite intégrer entre autre l’utilisation de wiki dans la gestion interne du parti. Je songeais à garder le compte twitter actif mais je suis encore en réflexion sur le “après”. C’est sûr que ce serait dommage de couper ça là, la politique est une affaire du quotidien. J’ai aussi envie de botter le cul aux mouvement sociaux dans lesquels je m’implique pour valoriser de meilleures approches web. Je suis sûre que je vais trouver d’autres gens qui pensent comme moi et qui vont m’aider (je ne peux pas tout faire quand même). Au Qc pour l’instant j’ai l’impression qu’on est plus calé en marketing web mais moins en politique/activisme web.

    @Éric 2 Me fait plaisir :)

  • Sylvain Bérubé // 21 novembre 2008 à 1:43

    @Anne-Marie Provost. Merci et bravo pour le twitterage pour QS.

    Hier, ma soeur m’a interpellé sur Facebook, pour me référer au blogue de Michelle Blanc et de votre conversation. Je lui ai fait remarqué que tu te cyber-impliquais beaucoup dans cette campagne, et elle m’est revenue une heure plus tard avec ce comment : « c’est vrai qu’elle est partout! ».

    Tu as eu le «guts» de foncer, c’est tout à ton honneur. Et tu es en train d’en embarquer une bonne gang avec toi, ce qui est tout aussi admirable.

    Bon, assez pour les tappes dans le dos. J’ai un spectacle à finir de préparer pour demain, et il y a sûrement des blogues ou des groupes Facebook qui vous attendent!

  • Redge // 21 novembre 2008 à 2:30

    @Anne-Marie: En effet, ce serait dommage d’arrêter ça là quand la campagne va finir. Je comprend que tout ça demande du temps, beaucoup même, mais les gens ne doivent pas sentir que tout cela n’est que pour les séduire afin d’obtenir leur vote.

    À défaut d’être le partit qui a le plus “d’exposure”, QS est probablement celui qui est le plus présent sur le web. Il ne faut pas lâcher!

  • martinpm // 21 novembre 2008 à 3:41

    Je crois que la stratégie Web doit se poursuivre et que des membres de QS doivent s’y pencher à longueur d’année.

    Mais personnellement, moi qui suis amphibien actuellement (terrain et web), je ne m’investirais pas pleinement sur le web. Je crois que j’ai plus la fibre d’un organisateur de terrain. Je le fais actuellement parce que je suis scotché par défaut à mon écran par cause de fin de session. Mais l’expérience est toute de même très enrichissante. Et je dois avoué que je sous-estimais au départ Twitter et ces autres trucs virtuels que je connais à peine… Mario culpa!

  • Le pour et le contre d’avoir un profil Facebook // 21 novembre 2008 à 4:26

    [...] politiques. Il y a bien une exception, comme le souligne judicieusement Éric Baillargeon. Dans ce billet, Anne-Marie Provost, (responsable des cyber-militant-e-s et candidate dans Beauce-Sud) explique [...]

  • Édoaurd Lavallière // 21 novembre 2008 à 1:15

    Moi aussi ça m’a fasciné de voir les messages rouler à une vitesse hallucinante sur Twitter durant la campagne américaine. Je me suis alors mis à chercher et ça m’a pris du temps à trouver des twitage francophone. Mais là je sens que ça va débouler.

    Et je trouve, moi aussi que tu fais du bon travail pour QS avec tes “touiteries” (j’ai hâte que l’OLF nous francise tous ces nouveaux termes). Une aile cyber de QS m’apparaît vraiment essentiel. L’idée de “cyber-militer” et de ne pas juste utiliser Internet comme un babillard va aussi faire son chemin. J’ai hâte de voir les résultats au niveau du vote.

  • kannoneko // 21 novembre 2008 à 4:09

    @Eric
    En fait, c’est moi qui tiens ce blog en vie, et je compte, après la campagne, rencontrer le comité des communications du parti pour considérer de nouvelles avenues pour le blog… Il y a du potentiel de ce côté, c’est certain : il ne reste qu’à formaliser quelques détails.

  • Anne-Marie Provost // 21 novembre 2008 à 12:05

    Bon, ça devient un vrai love-in ici.

    @ Éric N. Kannoneko est mon coloc Ludvic.

    @ Caroline : merci, voix silencieuse! ;)

    @ Sylvain : J’ai l’Internationale qui résonne dans ma tête… Oups, je sens que Marc Desnoyers va bientôt débarquer ici pour nous traiter de Québec soviétique.

    @ Redge : ce serait en effet dommage qu’on déçoive tout nos fans :-p Mais bon sérieusement je me dis souvent que c’est un cercle vicieux : quand les campagnes électorales sont terminées, les gens retombent dans leur train-train quotidien et c’est encore plus dur de les intéresser.

    @ Martin : J’apprécie beaucoup militer à tes côtés. Tu es définitivement plus diplomatique que moi avec les idiots qui écrivent sur le blogue de Journet et tu es souvent présent sur le web pour expliquer et débattre. J’ai bien aimé commencer à te croiser dans la blogosphère!
    Bonne chance avec tes trucs sur le terrain :)

  • Anne-Marie Provost // 21 novembre 2008 à 12:06

    @ Edouard : Moi aussi.

  • C.-A. Bachand // 22 novembre 2008 à 7:57

    Je crois en effet que vous avez compris ce que plusieurs ont découvert avec les débuts des blogues et maintenant de Twitter. Ces outils peuvent être utilisés comme le furent les journaux ou les télés, mais leur réelle force réside dans ce que nous sommes en mesure d’en faire pour créer des liens et alimenter des idées.

    J’ai toujours cru que l’on se construisait, que l’on construisait nos opinions et notre compréhension du monde l’un avec l’autre (et parfois, c’est vrai, l’un contre l’autre). Heureusement pour moi, plusieurs études en psychologie sociale et en éducation semblent me donner raison… sans compter les écrits de Paolo Freire (je tais ici un commentaire au sujet du socio-constructivisme ;-) ) ! Le web 2.0 est justement ce saut qualitatif entre le monologue et la discussion ! Les partis politiques, comme les mouvements sociaux doivent faire ce saut… Obama l’a fait, comme Dean avant lui. Au Québec, ç’a été un brin plus long, mais je suis bien content que ce soit vous (et nous) qui soyons en tête de file sur ce plan.

    L’idée de vous présenter : quelle bonne idée ! Pourquoi nier l’évidence !?! La latitude qui vous est donnée pour répondre aux questions et aux commentaires est, de même, tout à l’honneur de QS. Ce que vous en faites est tout à votre honneur.

    Pour ce qui est du post-élections : ce que les partis ont besoin de comprendre, c’est que la discussion continue qu’ils soient présents ou non ! Ce n’est pas parce qu’ils sont soudainement sourds et muets que tous se taisent. Ils auraient tout avantage à demeurer actif, à demeurer dans la discussion non seulement pour partager leur message, mais plus encore, pour recevoir les commentaires, pour contribuer à la discussion, voire même, par avoir l’air moins opportunistes le temps venu des élections ;)

    Au plaisir!

  • Anne-Marie // 23 novembre 2008 à 2:50

    @ cabachand Depuis quelques temps j’évite de prononcer le terme réforme en twittant, histoire qu’on ne se garroche plus de briques par la tête ;-)

    Merci pour ta réflexion. Je vais voir comment les choses vont se dérouler post-8 décembre.

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