Les dessous de Québec solidaire

Vendredi : « Il faut un site web pour Françoise mardi prochain, j’appelle Guillaume. »

26 novembre 2008 · 25 commentaires

Guillaume, c’est notre camarade-programmeur. C’est le seul qui serait assez dingue pour concevoir , programmer, designer et tester un site web pour nous avec ce temps de délai et bénévolement, alors qu’il a d’autres engagements ailleurs. Ça faisait un petit bout qu’on cogitait sur le fait qu’il faudrait bien faire de quoi sur le web pendant ou aux alentours du débat. En retard, sûrement, on s’est dit « ok go on le fait, Françoise va écrire, on va faire des capsules-vidéo et des militantEs répondront aux commentaires live ».

Ça a été la course pour trouver des militantEs pour être tous ensemble dans un war-room à l’UQAM avec bières, chips, routeur et nos laptops, dont un était ouvert en permanence sur le débat. Au début, on se disait que 5-6 personnes feraient sûrement l’affaire, mais on s’est ensuite dit que si on considère statistiquement que 2% des gens qui fréquentent un site postent un commentaire, on n’allait définitivement pas être assez : on a grappillé un peu partout pour finalement se retrouver à être 8.

 

Nous avons eu une petite réunion à 19h00, et Guillaume expliquait rapidement la procédure exacte pour modérer les commentaires, y répondre et tout. Je tapais en direct les procédures sur google talk à deux militants qui travailleraient de chez eux. Je me suis donné comme tâche de modérer les commentaires et d’essayer le plus possible de dispatcher le tout en faisant des calls verbaux. Marie, notre spécialiste des engagements et des argumentaires, volerait d’un poste à l’autre pour distribuer des arguments au besoin.

 

20hre : Sacrament, on est en retard ! Guillaume tape comme un fou sur son mac et parle au téléphone en même temps. Les commentaires commencent à rentrer. Beaucoup de commentaires. Au début, c’est surtout des « bravos pour l’initiative, bonne utilisation du web! » et deux « je m’attendais à des commentaires vidéos et non à de l’écriture ». Approuve-approuve-approuve. En 20 minutes, j’en ai 200. Vais voir sur Twitter, les gens sont déçus du manque de fiabilité du système au départ. On me glisse en message privé de commenter via Twitter. Dah, ben kin. Mais je peux pas, je modère comme une débile ! LAURENT !!! À l’écoute, comme d’habitude. Une bière est posée à côté de moi.

 

Un gars teste la modération et poste des commentaires du genre « Pourquoi vous êtes contre les juifs hein? » à partir d’adresses bidon. Indésirable, merci bonsoir. Ça fait bien rire les autres. D’autres critiquent les fautes d’orthographe. Eve-Lyne appelle au local où Françoise et les autres travaillent pour leur dire de faire attention. Un certain Frédéric Fortin réagit toutefois en disant :
« Vos erreurs de français sont invisibles si elles sont placées à côté des absurdités que nous avons entendu à l’écran ce soir. Merci pour votre initiative.
Vos idées donnent envie de se mobiliser pour un Québec Solidaire. ».

 

Modère, modère, modère. Tiens, J-F Dubé qui pose une question sur la place de la technologie en éducation, qui veut répondre ? Ah ben, un prof de l’UQAM. Wow, ma mère a écrit ! Un autre qui demande « POURQUOI VOUS ÊTES POUR LE RETOUR DES CAMPS DE LA MORT?!? » : indésirable, tout le monde s’esclaffe.

 

Laurent, ça se passe comment sur Twitter ? Je regarde un peu, je lui glisse quelques conseils. Ah ben, Yves Williams qui sort publiquement de son hibernation politique et qui se permet deux-trois commentaires. Cool.

 

Ça reste toujours à environ 300 commentaires même si je suis vite sur le bouton. Les gens commentent parfois en pensant qu’on supprime leurs commentaires, alors qu’on est juste pas assez pour endiguer le flot. Les cyber-militants tentent de passer le message. Ceux qu’on réussit à modérer et à qui ont répond sont toutefois vraiment contents et le signalent par un flot de commentaires ! Certains commencent même à se répondre entre eux, Sabrina et Dominique décident impulsivement d’embarquer dans le jeu de réponses entre les internautes pour nous supporter, car évidemment, ce n’est pas tout le monde qui est d’accord avec ce que Françoise écrit. Merci !

 

20h40 : ça bogue même si on rafraîchit la page. Pas pour tout le monde, mais pour certains. Low-balancing. Guillaume court, reçoit des appels : problème réglé aux alentours de 21h10.

 

On continue jusqu’à 21h55, ensuite c’est la fermeture mais on continue à répondre quand même. À la fin, on reçoit pleins de commentaires du type « Bravo pour l’initiative, bel essai, etc. », que ce soit du public ou de certaines personnes du milieu de la communication web. Encourageant, même si ça aurait définitivement pu être mieux. Malgré mes demandes à Guillaume, on n’a pas pu mettre des hyperliens hier pour rediriger les gens ailleurs à partir du site. Il comprenait très bien l’importance stratégique de le faire, mais sa priorité numéro un était de mettre le site en ligne, ce que je peux comprendre. Lui aussi est content, mais critique. Note : j’ai vu qu’on a quand même 141 personnes de plus sur le groupe Facebook quand je me suis levée ce matin…

 

Quand nous sommes partis du local, tout le monde était bien content et les gens qui nous attendaient à l’Amère à Boire nous ont fait un bon accueil. Personnellement, je suis à la fois satisfaite mais très critique, mais c’est dans ma nature de m’autoflageller.

 

 

-Anne-Marie Provost, responsable des cyber-militant-e-s et candidate dans Beauce-Sud

 

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