Les dessous de Québec solidaire

Entrée de décembre 2008

Ce qui se termine et ce qui commence

10 décembre 2008 · 16 commentaires

Bon, ça y est, c’est fini. Hier, naïvement, je me disais que j’allais pouvoir reposer tranquillement ma gueule de bois sans toucher à mon laptop. Malheureusement pour moi, tout ça aurait été plus facile si j’avais eu le sentiment du devoir accompli. Vous savez, ce sentiment que le dossier est réglé, que la job est faite et qu’on peut s’assoir, souffler, se détacher de tout ça et voilà. Mais non. Je suis incapable de me sentir comme tel, comme d’autres qui retournent trop facilement au train-train quotidien quand les élections sont terminées. Je ne vois que ce qu’il reste à accomplir, et heureusement je ne suis pas la seule.

La campagne web de cette année a fait prendre conscience à beaucoup de gens l’importance de notre présence sur ce médium. Au début, j’avais l’impression que beaucoup étaient indifférents face à ça. Maintenant, on en parle dans les discours devant les militantEs en vantant ce qu’on y accompli, et je pense que l’implication 2.0 fera de plus en plus partie de la culture institutionnelle du parti. Je regarde, avec Simon pour l’instant, comment on pourrait modifier les statuts du parti pour créer un poste consacré à la communication/stratégie web sur le comité de coordination national. Ça va demander une certaine refonte dans les tâches et tous dans les autres postes, mais c’est quelque chose d’envisageable.

Je regarde aussi comment on peut appliquer le processus de consultation du programme de Québec solidaire sur le web. Dans le « monde réel », c’est possible de faire des ateliers sur des thématiques précises et les non-membres peuvent participer à cette consultation et proposer des idées. Ensuite, il y a une synthèse et le congrès tranche.

Il faut garder le twitter-QS minimalement actif. Je compte envoyer des tweets de temps en temps, Laurent aussi si ça lui tente, et le laisser ouvert pour les questions. Et j’ai maintenant mon propre compte, exovirtuelle, et Laurent aussi a le sien, sclauren. Ludvic souhaite garder le blogue national actif, c’est à voir aussi. Et je vais partir mon propre blogue bientôt, qui s’appellera surement « POL-2.0, dans l’internet.com ».

Il y a également toute la question du bilan et perspective. Plusieurs personnes se sont manifestées pour nous aider au niveau du site web et de la réflexion sur l’utilisation du web entre les campagnes. J’ai déjà reçu un bilan, je compte en écrire un, certains ont des idées qu’ils voudraient partager, des cyber-militantEs ont leur mot à dire, etc. Il suffit de voir comment on peut faire pour rassembler tout ça, et comment appliquer des idées qui seront avancées.

Étienne, qui a beaucoup joué sur l’interface graphique Drupal de notre site web pendant la campagne, est en train de s’attacher des gens pour établir un processus de consultation et de modification ouvert du site web prochainement, pour l’améliorer. L’idée est encore un peu embryonnaire, mais des rencontres s’en viennent pour voir comment on organise tout ça.

Je ne suis pas déçue de ce qu’on a accompli, je me dis seulement « bon début, on continue ». Et la dure réalité me rattrape. Nous étions un peu dans un cocron électoral, maintenant que c’est terminé la vie reprend son cours normal. J’ai scrapé ma session à l’UQAM, il va falloir que je deale avec les conséquences. Il y a également le mouvement étudiant qui refait peu à peu surface dans ma vie. J’ai l’impression d’être sèche un peu aujourd’hui, c’est que j’ai appris hier soir que des amis à moi qui militent se font menacer de mort et intimider par des gens qui ont empoisonné mon existence pendant un an et demi quand je m’impliquais dans mon assocation étudiante collégiale. Je sais très bien où je vais être cet après-midi. Le marchage sur les pieds, ça fait.

En terminant, juste vous dire, à vous le web, que je suis extrêmement heureuse d’avoir été avec vous pendant ce mois-ci. Certains d’entre vous n’ont probablement pas idée de l’apport et de l’influence positive qu’ils ont eu sur moi, et du pilier, de la béquille parfois, qu’ils ont été durant toute la campagne.

-Anne-Marie Provost, responsable des cyber-militantEs

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Par-delà les chiffres

9 décembre 2008 · 9 commentaires

Je suis allé retrouver mes collègues cyber-militantEs à l’Amère à Boire à 18h. On voulait se voir au-delà de nos identités virtuelles, partager de vive voix nos impressions, nos pronostics, nos attentes, nos craintes. Dominique, Laurent, Anne-Marie, Sarah et moi avons trinqué et mangé avant de se rendre au Medley.

Portes closes (il était 19h45), la sécurité du Medley, habituée aux shows de metal, ne voulait pas faire rentrer cette horde menaçante de militantEs et sympathisantEs qui gelait à -20 degrés. Bon, nous avions la chance d’être dans le lobby, tous serrés : jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, militantEs endurciEs et sympathisantEs récemment convertiEs. D’autres moins chanceux ont dû attendre dehors.

Lorsque les portes ont finalement été ouvertes, le vestiaire passé, j’ai pu observer l’état des lieux : deux gros écrans et des micros sur la scène, la régie au balcon et, au fond du premier étage, toute une rangée de journalistes cordés derrière leurs ordinateurs portables. L’atmosphère, au début, était calme mais chargée. Avec Dominique, Sarah et Laurent, je jasais de trucs et d’autres en attendant les premiers résultats. Anne-Marie s’était retirée au balcon afin de twitter dans le «calme» : on pouvait voir Viviane, Éric, Francis, Pac, Eve-Lyne et tous les autres se promener d’un bord et de l’autre, s’envoyer des messages avec leurs radios, répondre à 4 cellulaires en même temps et boire des gorgées de bière au passage.
À mes côtés, on faisait des blagues, on suivait les résultats, et Laurent confirmait sa dépendance au web, toujours les yeux rivés sur son Ipod Touch (nous en avons profité quand même !).

Amir allait gagner, nous le sentions. À chaque fois que ses résultats étaient affichés sur les écrans s’ensuivait une ovation à tout rompre. Alexa nous a ensuite appris la triste nouvelle de la défaite de Françoise, qui d’ailleurs semblait se tenir en équilibre entre la joie et la déception. L’annonce de la démission de Mario Dumont est toutefois venue chasser le nuage et provoquer une salve d’applaudissements. Puis, il y a eu les discours. Que tous ceux qui cassent du sucre sur le dos des immigrants viennent me prouver qu’ils connaissent mieux leurs références culturelles qu’Amir : peu de gens sont en mesure de citer Miron, Godin et Dubois avec autant d’habileté que notre porte-parole. Je crois qu’il y a quelques personnes qui ont dû s’étouffer avec leurs chips en l’entendant hier soir.

Ensuite, la salle s’est graduellement vidée. J’ai fait le tour de mes connaissances dans le milieu militant de QS, de Marie à Roger en passant par Étienne et Laury, tous semblaient être dans le même état que moi : entre la joie, l’incrédulité et le questionnement sur l’avenir.
Nous avons un député !
Nous serons dans les tribunes !
Enfin la gauche à l’Assemblée Nationale !
… mais nous avions peine à y croire. C’est le rêve de 3 générations que nous venions de voir se réaliser, et tout ça, le passé de la campagne, le présent de la soirée et l’avenir à l’Assemblée, tout était énorme, immense. Comme l’a dit Éric, dans l’un de ses nombreux élans hegeliens : «Nous sommes arrivés à ce qui commence.»

Ensuite, j’ai donné un mini coup de main pour le démontage, puis rôdé dans le backstage. L’atmosphère y était pour le moins particulière : Amir qui parle avec sa famille et qui me donne un chargeur de batterie, Simon qui boit du scotch à la bouteille (je n’ai pu résister à lui en arracher quelques gorgées), tout le monde qui cherche tout le monde dans ces corridors étroits, les gardiens de sécurité qui nous disent en franglais que le vestiaire va fermer, Anne-Marie qui disparaît sans cesse.
Finalement, Sarah, Anne-Marie, Simon et moi avons pris le taxi jusqu’au Dieu du Ciel, où le party de fin de soirée battait son plein : comme une grosse famille entassée dans un espace trop petit, nous avons bu et dansé, jasé et célébré.
Quelques mots avec Éric
Discussion avec Guillaume, Marie et Sarah
Trinquer avec Amir
D’autres échanges avec Éric
Saluer Manon
Accolades multiples avec Sébastien, Simon, Alexa, Roger
High-Five avec Luis
Danser avec Anne-Marie, Sarah, Simon, Marie, Sébastien, Amir, Alexandre et d’autres gens dont je ne connais pas le nom
Rentrer chez moi et me coucher avec le sourire

Il faut désormais préparer la suite des choses, mais pour l’instant je demeure baigné dans l’impression que j’ai assisté à l’histoire qui se faisait et qui se fait encore. Entre le bruit des mains qui claquent, les cris de joie, la musique sur la piste de danse, les lumières du bar, les sourires des gens et la franche camaraderie de ceux et celles qui ont oeuvré à un but commun, je me suis rappelé des raisons pour lesquelles je fais de la politique.

-Ludvic Moquin-Beaudry, co-responsable des cyber-militantEs

ps.: Laissez-nous vos impressions, vos histoires sur la soirée électorale.

Catégories : Cyber-militance · Militant-e · Montréal

L’après

8 décembre 2008 · 14 commentaires

C’était jeudi dernier. Il faisait déjà nuit. L’Île Noire était tranquille, toujours cet étrange mélange de mauvaise musique et de bon alcool. Deux Lagavulin double vieillissement sur la table, une pinte de bière chacun, deux verres d’eaux pour la décoration et les pinottes de circonstance. Ce qui est bien avec l’Île Noire, c’est que la table est toujours pleine d’objets.

-Va ben falloir faire quelque chose après. J’me suis pas donné tout ce mal pour qu’on existe sur Internet pour qu’on ferme la shop le 9 décembre.

-Encore faut-il qu’on existe tout court le 9 décembre, toute élection est un risque dans un jeune parti. C’est très bien ce qui s’est fait sur le Web, mais il y a plein d’autres choses à faire, faut pas être obnubilé par la seule question d’Internet…

-Je dis pas que c’est tout ce qu’il y a à faire, je sais bien que le parti est plus gros que son site Web, mais on a fait des points là-dessus et si on veut continuer à se différencier faut continuer à faire du bon Web 2.0 après l’élection, contrairement aux autres.

-Hum… Y’a le processus de programme… Y’a le lien avec les futurs députés…

- Notre arrivée en chambre… La démocratie participative au niveau des circonscriptions…

-J’avoue, en effet, y’a quelque chose à faire là.

Tranquillement, la vision d’un parti politique qui utiliserait pleinement le Web pour ses activités régulière a commencé à se former au dessus des verres. Les mauvaises langues diront qu’à l’heure où j’écris rien n’est encore gagné, mais, ce soir-là, après quelques scotch, ils étaient bien visibles dans nos têtes, les premiers députés 2.0.

-Simon Tremblay-Pepin, responsable des communications

Catégories : Montréal · Organisateur-trice

Graphisme au pays des Solidaires

7 décembre 2008 · 6 commentaires

Il ya de cela trois semaines, Anne-Marie m’a demandé d’écrire un peu sur ma vie comme graphiste de Québec solidaire. Elle sait que j’aime écrire et sait aussi que mon expérience électorale a été particulière, intense et enrichissante. Mais écrire, ce n’est pas facile pour moi. Je cherche mes mots longtemps, j’efface et recommence souvent. Et puis le travail de graphisme m’accaparait tant et tellement, mes moments libres, je les passais à faire la vaisselle.

D’abord, mentionnons que je suis pseudo-graphiste. J’ai plus d’expérience que de formation et c’était clair pour moi que cette campagne serait un moment d’apprentissage intense. Des pancartes? Jamais fait. Des dépliants? Gossé sur un ou deux. Des photos dans photoshops? Euh… j’en ai déjà mis en noir et blanc, ça compte?

Mais je n’étais pas seule, pas vraiment. Dès le début, mon ami Étienne, graphiste sérieux et professionnel, jetait un coup d’oeil bienveillant à mon travail. Bob, photographe extraordinaire, m’offrait des trucs et astuces pour les photos des candidats et candidates.

Pas seule, peut-être, mais pas assistée tant que ça non plus. L’aide de mes amis se résumait surtout à une aide technique, à des sources inépuisables de connaissances. La réalisation par contre, mon domaine. Ce fut… intense. Maintenant, à une journée du vote, c’est plus tranquille.

Le travail a commencé une semaine avant le déclenchement. D’abord, faire les pancartes pour Gouin et Mercier, puis préparer les dépliants nationaux. Ensuite, répondre à la demande de toutes les circonscriptions du Québec qui me contactaient. Toutes les pancartes, la grande grande majorité des dépliants, la majeure partie des publicités, de Hull à Rimouski, en passant par Rouyn-Noranda et Chicoutimi. En tout, environ 50 circonscriptions m’ont demandé de l’aide.

Tout le monde veut son matériel pour demain. On les comprend. La campagne n’est que de 33 jours, on ne veut et on ne peut perdre du temps. Pour moi, seule dans mon bureau avec ma machine à café, c’est un casse-tête. Je me donne 24 heures comme délai pour chaque commande. Souvent, je réussis à le faire en moins. Parfois on me donne des délais extrêmement serré que je fais tout pour respecter. Des fois, je dois exiger une extension. Des fois, je dois exiger une extension. À chaque fois que ça arrive, je me sens mal de retarder leur campagne.

Je ne devrais pas. Du moins, c’est ce que m’ont fait comprendre toutes les personnes avec qui j’ai eu la chance de travailler. Puisque c’est la première fois que Québec solidaire se dote d’une graphiste pour toute la campagne, je n’ai rien à quoi me comparer. Je ne peux juger mon travail qu’aux commentaires qu’on me fait. Et c’est positif, très positif. Bien sûr, quelques accrochages ici et là.

Par contre, ils sont dilués dans le flot de gentillesse et de patience de toutes ces personnes que je n’ai jamais rencontrées et qui me demandent de l’aide pour réaliser leurs projets de fou. C’est avec un énorme plaisir que j’ai fait les autocollants pour l’autobus de Patricia Tremblay de Orford. C’est avec malice que j’ai préparé la photo pour les pancartes de Bill Sloan de Saint-Laurent. C’est avec conviction que j’ai préparé les pancartes recyclées de Guy Leclerc de Rouyn-Noranda-Témiscamingue.

Mais même pour les projets “ordinaires”, les pancartes, dépliants, encarts et publicités… J’aimerais nommer toutes les circonscriptions avec lesquelles j’ai travaillées, tellement j’ai aimé ce contact avec les campagnes électorales locales à travers le Québec… Je regarde mes 6 GO de campagne qui sont sur mon disque dur, et à chaque dossier, je souris.

Je n’ai pas toujours autant souri, quoique le sourire n’était jamais vraiment absent. Seulement… se lever à 7am pour prendre les commandes et se coucher à 2am en espérant avoir fait son possible et n’oublier personne, ça fatigue.

Mon billet sur ce blogue est long, mais c’est tellement de jours et d’heures de travail que je résume ici. Tellement de personnes que je veux remercier publiquement. Je terminerai donc en mentionnant trois graphistes bénévoles qui m’ont donné un sacré coup de main et m’ont permis quelques siestes bien méritées. D’abord, Sébastien, sorti de nul part, qui m’a offert quelques heures par-ci par-là. Ensuite, Maïa qui a proposé ses services de mise en page pour des cartes de Noël et des affiches (la soirée électorale, c’est elle!). Et finalement, Pierre à Trois-Rivière, qui a pris à son compte tout le graphisme de la Mauricie en faisant confiance à mes commentaires et mes suggestions. À tous les trois, votre patience à mon égard et vos disponibilités ont été inestimables.

Merci, donc, à ces graphistes camarades, à mes amis professionnels, à Sabine dont le travail à l’impression tient du miracle et à toutes les personnes qui se sont occupé de s’assurer de la production de matériel. Cette expérience aura été pour moi quelque chose de très beau. Je m’imagine déjà radoter aux prochaines générations le plaisir que j’ai eu, “dans le temps”, à cette élection historique où nous avons fait entrer les permiers Solidaires à l’Assemblée Nationale.

-Eve-Lyne Couturier, graphiste militante et candidate dans Matapédia

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Faire du bon manger

7 décembre 2008 · Laisser un commentaire

J’ai jamais été capable, tout au long de ma jeune vie, de faire un budget et de le respecter. Le seul domaine dans lequel j’ai eu quelques succès avec l’exercice du budget, c’est le monde culinaire. Et j’ai même pas eu besoin de l’Anarchie Culinaire de Bob le Chef pour me faire la main, livre qui est fort respectable. Reste que c’est toujours une intense et inoubliable experience que de faire la cuisine pour 13 personnes. Intense par l’ampleur de la tâche, mais aussi par les limitations budgétaires et spatiotemporelles. Inoubliable, étant donné que je suis assuré de retrouver encore dans un an des résidus de bouffe sur les murs, en arrière du four et qui sait, peut-être meme dans ledit four. Toujours pratique d’avoir des restes certaines et certains me diront avec raison. Le vrai défi a été pour ma part de faire une quantité de bouffe suffisante et non excessive. Ayant un grand coeur de communiste, j’ai été porté à en faire toujours trop afin de partager, de goinfrer les militantes et les militants et de faire taire certaines mauvaises langues réactionnaires. Le résultat est probant; une poignée de gens ont eu l’énergie pour entreprendre un travail digne de l’ouverture des eaux de la mer Rouge par Moïse. Reste à ouvrir l’Assemblée Nationale.

 

-Gabriel L’Écuyer, cuisinier au bureau national de Québec solidaire

Catégories : Militant-e · Montréal

Led Zep, Bob Dylan, les communications internes et le soutien aux équipes électorales…

5 décembre 2008 · 2 commentaires

Le soutien aux équipes électorales et les communications internes, c’est un peu comme un centre de contrôle spatial. « Houston, we’ve got a problem » se dit ici d’une autre manière : « L’national ? Là là… j’ai pas encore reçu ma lettre du chef… si vous m’l'envoyez pas là, ça va mal aller pour moi, là….». Comme nous ne pouvons répondre « Standby, Apollo », nous répondons invariablement « Vous ne l’avez pas reçu ? Parfait, on vous l’envoie par fax et l’originale s’en vient par Expédibus ».

Claudette, la fière candidate de Frontenac et responsable du soutien aux équipes électorales, garde le fort. Olivier, l’homme-à-tout-faire, est l’heureux candidat dans l’Assomption. Ce militant écolo sympathique et qui bosse chez Greenpeace l’a trouvé bien drôle quand il a su que son rival de comté était Scott Mackay. Bernard, l’infatiguable militant de l’exécutif de Montréal, est l’homme le plus patient de l’équipe. Il répond aux militant-es le plus calmement du monde et en toute circonstance. Et finalement, il y a moi, votre humble serviteur aux communications internes qui aide le soutien aux équipes électorales. Je ne suis pas patient, je stresse pour un rien et je dis des trucs comme « roogggnnntudjjjjuuuuu » quand je reçois un courriel ou un appel dans le genre « c’est encore la faute du national !!!! ». Voilà qui me rend sympathique. Tout le contraire de Bernard.

Le « National »… cette vilaine bête ! On ne l’a jamais vu, d’ailleurs, cette entité qu’on se permet de nommer à tour de bras. Le National, c’est comme le blob… cette masse informe qui rend les gens fous.. Passons…

Mon laptop crache du Led Zep et du Bob Dylan alors que je réponds inlassablement aux centaines de courriels qui débarquent chaque jour dans ma boîte Thunderbird, tels un rouleau compresseur russe en Europe de l’Est. Comme je m’occupe également du soutien aux associations au comité de coordination national, je gère les boîtes courriel des associations non-fondées. Il y a invariablement des dizaines et des dizaines de demandes d’organismes communautaires, « au moins 5 fois plus que la dernière élections » m’a-t-on dit. Bonne nouvelle ! Il y a également ces dizaines de spams dont je tairai les intentions malveillantes. Et puis des nouvelles en provenance des associations, diverses demandes électorales, etc.

Blagues à part… il ne reste que 3 jours de campagne. Nous avons rencontré et discuté avec des dizaines et des dizaines de militantes et de militants dévoué-es. Nous nous sommes mutuellement encouragé-es. Je pense que nous pouvons dire que nous avons fait un excellent travail. Olivier et Bernard on même été en Beauce, dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie, sur la Côte-Nord pour aider les candidat-e-s locaux à trouver leurs signatures. Des journées de fou, mais qui en valent la peine.

Bonne fin de campagne !

Jonathan Vallée-Payette, Comité électoral national - Responsable aux communications internes

 

Catégories : Organisateur-trice

De l’autisme bloguiste

3 décembre 2008 · 47 commentaires

J’ai toujours considéré que c’était plutôt con, les blogs. Sauf de rares exceptions où la valeur littéraire valait le détour, il m’a toujours semblé que c’était d’abord et avant tout une activité conçue pour rendre plus intéressantes les journées mornes de celles et ceux qui s’ennuient devant des écrans. Beaucoup d’observation de nombril au microscope électronique, de longues diatribes sur des anecdotes, des tentatives stylistiques bancales, bref, rien de très amusant. Je suis de ceux, généralement honni par les blogueurs, qui trouvent que faire des choses pour vrai est encore plus le fun que d’en parler. Comme disait l’autre : il y a, sur la blogosphère, plus affaire à interpréter les interprétations qu’à interpréter les choses, et plus de blogs sur les blogs que sur tout autre sujet: nous ne faisons que nous entre-bloguer. Un autisme généralisé quoi…

C’était avant de travailler quotidiennement à côté d’une blogueuse professionnelle. À vue de nez, les symptômes sont pires encore que ce que je croyais. On dirait une statue, mais en moins interactif.

Elle reste immobile toute la journée entouré d’un lent murmure de clavier. Si vous avez le malheur de vous adresser à elle il faudra hausser le ton, claquer des doigts et vous répéter deux trois fois. Elle vit ailleurs, dans un autre lieu.

Elle a dessiné une carte, sur un mur. Des liens entre les blogs politiques, les blogs personnels et Québec solidaire. Genre de cartographie du système de la blogosphère avec nous comme soleil. Elle se lève parfois pour compléter la carte, rapidement, avant de retourner à son clavier.

Autre étrangeté, elle rit sans raison, parle à des gens qui ne sont pas là et s’exclame que telle personne dont je n’ai jamais entendu parlé nous trouve cool ou que tel autre nous appuie. Difficile de ne pas se réjouir, sans pouvoir dire pour autant que je comprend ce qui se passe…

Dernier phénomène bizarre qui démontre qu’Internet a quand même un impact dans la réalité : notre blogueuse a reçu des fleurs. Un message anonyme : « Tu dois souvent être au bureau ces temps-ci alors je te les envoie ici ». Le perspicace personnage a réussi à faire rougir les joues de notre statue (bonne nouvelle comme elle blêmit de jour en jour). Elle a baptisé ces végétaux jaunes « Fleurs 2.0 ». Il paraît que c’est un gag…

 

-Simon Tremblay-Pepin, responsable des communications pour la campagne

Catégories : Blogosphère · Organisateur-trice

QUÉBEC SOVIÉTIQUE CONTRE LES HOMMES ! (ou pas)

1 décembre 2008 · 60 commentaires

Suite à quelques discussions et à une inspiration due à Michael Carpentier, nous nous sommes dit que ce serait pertinent de briser certains mythes que les gens entretiennent envers Québec solidaire. Voici donc une série de 10 préjugés que nous côtoyons souvent en tant que parti politique, et vous êtes invités à commenter et à poser des questions pour approfondir!

Mythe 1: Parti de communistes.

Fait : Québec solidaire n’est pas un parti communiste. Les engagements électoraux actuels de Québec solidaire ne peuvent pas sérieusement être associés au nom de Staline, comme le faisait Richard Martineau, ou être qualifiés d’extrême-gauche, comme le prétend Antoine Robitaille. Les engagements actuels de Québec solidaire sont plutôt sociaux-démocrates et souhaitent une meilleure redistribution de la richesse d’un point de vue économique. On est très loin des plans quinquennaux, des goulags et des tickets de rationnement prisés par le « petit-père des peuples » autoproclamé. Au lieu de lire les engagements réels de notre parti, certaines personnes préfèrent se fier à des préjugés.

Cela dit, Québec solidaire vise à réunir la gauche et reconnaît la diversité des tendances. C’est pourquoi il existe divers collectifs au sein de notre parti dont le Parti Communiste du Québec (qui n’est pas plus stalinien que Québec solidaire d’ailleurs, car il a fait des bilans du communisme autoritaire). Celui-ci faisait partie de l’Union des forces progressistes avant sa fusion avec Option citoyenne en 2006. Les collectifs participent aux débats qui mènent aux engagements électoraux, mais une fois qu’ils sont adoptés, ils s’y soumettent comme le reste des membres.

Mythe 2: Juste sur le plateau.

Fait : Québec solidaire, c’est plus de 5 000 membres dans toutes les régions du Québec qui font vivre le parti. Depuis sa création il y a 2 ans, Québec solidaire a présenté des candidat-es dans les 125 circonscriptions du Québec. S’il est vrai que le parti obtient pour l’heure certains de ses meilleurs résultats dans l’Est de Montréal, des militant-es solidaires s’impliquent partout à travers le Québec pour faire connaître et faire grandir le parti. Comme la plupart des partis de gauche, nos appuis se concentrent dans les milieux urbains. Lors des dernières élections, Québec solidaire a obtenu des résultats prometteurs dans plusieurs villes du Québec, dont Rouyn, Québec, Hull et Rimouski.

De plus, la plate-forme contient des enjeux qui sont spécifiques aux régions, comme le renforcement des centres locaux de développement (CLD) et la prise en charge pour chaque région de la planification stratégique de ses orientations économiques. Nous souhaitons également favoriser la production et la consommation locales des aliments biologiques. Finalement, Québec solidaire tient compte des régions dans ses positions sur la nationalisation de l’éolienne, sur l’agriculture ou sur la gestion des forêts québécoises.

Mythe 3: Pelleteux de nuages.

Fait : Le cadre financier de Québec solidaire est le seul à divulguer de quelle façon le parti entend financer ses propositions électorales. Sur cette question, Québec solidaire est donc plus transparent que les autres partis. Les projets économiques de Québec solidaire, qui sont déjà en place dans de nombreux pays, permettront de relancer l’économie en donnant de l’emploi aux gens ordinaires et en leur laissant plus d’argent pour relancer la consommation. Ce sont les politiques économiques soi-disant réalistes prônées par l’ADQ, le PLQ et le PQ qui nous ont menées à la crise financière que nous vivons. Est-ce que c’était vraiment la meilleure manière de gérer notre économie ? La chose la plus réaliste actuellement est d’admettre que le marché est incapable de s’autoréguler, contrairement à ce qu’ont systématiquement défendu les grands partis. Faute d’une intervention de l’État dans l’économie, il ne restera bientôt plus grand-chose de la « réalité » que le marché laissé à lui-même est en train de dévorer, écologiquement et socialement. Dès lors, ce qui est réaliste n’est rien d’autre que ce qui est nécessaire.

Mythe 4: Pas de vrai chef.

Fait : Québec solidaire, c’est d’abord une équipe de gens compétents et dévoués pour le Québec. Le parti est dirigé par un comité de coordination national formé de 16 personnes. Les décisions ne sont pas prises par un seul individu/monarque, mais à travers des débats démocratiques, notamment avec la base lors des rassemblements. Bref, Québec solidaire est un parti démocratique, pas le parti d’une seule personne. Les porte-parole, Françoise David et Amir Khadir, participent aux prises de décisions et ont pour tâche de représenter le parti face au grand public et aux médias. Ce qui n’est pas sérieux, c’est des partis qui n’écoutent pas leurs membres.
Par exemple, André Boisclair s’est essuyé les pieds sur le programme de son parti et il a refusé d’entendre ses membres qui voulaient nationaliser l’éolien. À Québec solidaire, nous n’avons pas de chefs qui peuvent aller à l’encontre des décisions des membres, et ça nous plaît plutôt.

Mythe 5: Contre les hommes.

Fait : Ben non. Le féminisme, c’est vouloir s’assurer d’une réelle égalité entre les hommes et les femmes. Or, la structuration des rapports sociaux et économiques est toujours actuellement organisée au détriment des femmes. Pensons à l’équité salariale, à la violence faite aux femmes, à la pauvreté qui touche toujours plus durement les femmes. Les autres partis politiques, eux, ne semblent pas se soucier énormément de l’égalité des sexes. On le voit dans la répartition de leurs candidatures. Alors que Québec solidaire présente 53% de candidates, le PLQ en présente 33%, le PQ, 31%, le PVQ, 21% et l’ADQ n’en présente que 20%. À Québec solidaire, nous voulons donner aux femmes la place qui leur revient, une place égale à celle des hommes. Ce n’est pas être « contre les hommes » que de s’assurer que la société soit juste pour tous et toutes.

Mythe 6: Voter pour Québec solidaire, c’est diviser le vote souverainiste « de gauche » et faire gagner le Parti Libéral du Québec.

Fait : Le Parti Québécois est souvent à droite, parfois à gauche et il ne défend que timidement la souveraineté. Ses leaders ont, à de nombreuses reprises, appuyé le libre-échange et le néolibéralisme. Le déficit zéro de Lucien Bouchard a contribué à la désagrégation de nos services publics. Le Parti québécois ne parle que rarement de souveraineté, et lorsqu’il le fait, c’est généralement une stratégie autonomiste pour augmenter les pouvoirs du Québec dans le Canada, mais sans en sortir. Plusieurs souverainistes et électeurs de gauche préfèrent voter pour Québec solidaire, un parti qui défend à la fois la souveraineté et la justice sociale, à défaut de quoi ils préféreraient sans doute ne pas voter du tout. Pourquoi voudraient-ils être captifs d’un parti qui a trahi sa base historique et sa mission fondamentale ? De plus en plus de gens, d’ailleurs, ne votent pas, tant ils ont l’impression que jusqu’ici, aucun parti ne se souciait réellement du bien-être collectif. Si le Parti Libéral gagne, c’est parce que le PQ s’est trahi lui-même depuis des décennies, et ne réussit plus, voire ne cherche même plus à penser le Québec en dehors du néolibéralisme. Québec solidaire représente la seule opposition véritable au gouvernement Charest.

Mythe 7: Gang de granolas.

Fait : On pourrait facilement renverser ceci en disant que les gestionnaires cravatés sérieux des grands partis ont, depuis trente ans, défendu les pires farces en ce qui concerne la théorie économique, ce qui nous a menés au bord du gouffre financier. C’est à se demander si les « granolas » ne seraient pas mieux ! Mais répondons à l’objection de front. Les sympathisants de Québec solidaire proviennent de nombreux secteurs de la société : il y a des écologistes plus ou moins bruns, des travailleuses sociales d’âge variable, des universitaires engagés, des mécaniciens et des conducteurs de bétonnières. Bref, la liste est longue. Mais tout le monde est assez sérieusement préoccupé par ce qui se passe pour travailler comme des dingues, souvent bénévolement, pour construire un parti politique qui soit capable de mettre à la porte les partis traditionnels, dont tout le monde est sérieusement tanné, et enfin mettre des gens à l’Assemblée nationale dont le but est de servir le bien commun.

Mythe 8: Québec solidaire aurait dû se contenter d’être un groupe de pression.

Fait : Avec Québec solidaire, nous ne travaillons plus à tenter d’influencer un gouvernement contrôlé par un parti politique qui se bat contre la justice sociale. Nous cherchons à former le gouvernement et à élaborer les politiques qui feront de notre vision une réalité. Québec solidaire présente 122 candidat-es aux présentes élections. Quelques candidat-es ont de réelles chances d’être élu-es, en commençant par Amir Khadir et Françoise David. Nous en avons assez d’attendre des résultats qui ne viennent jamais. En 2000, Françoise David, alors présidente de la Fédération des Femmes du Québec, a coordonné la Marche mondiale des femmes (réunissant 164 pays ou territoires du monde) qui cherchait à apporter une plus grande justice sociale pour toutes et tous, contrer les violences faites aux femmes et les discriminations. La marche s’est terminée avec une manifestation de 30 000 personnes à Québec. La réponse du gouvernement péquiste de l’époque a été claire : un maigre 0,10$ d’augmentation du salaire minimum. George Bernanos disait : « On n’attend pas l’avenir comme on attend le train, l’avenir on le fait. »

Mythe 9: Québec solidaire n’a aucune chance de prendre le pouvoir.

Fait : Québec solidaire est un jeune parti. C’est en février 2006 qu’il a été créé. Comme Rome ne s’est pas faite en un jour, il est normal qu’encore beaucoup de Québécois-es ne connaissent pas encore Québec solidaire ou les idées qu’il propose. Mais déjà aux dernières élections, Amir Khadir est arrivé deuxième dans Mercier, à 1 000 votes du gagnant, et Françoise David est aussi arrivée deuxième dans Gouin, à 3 000 votes du gagnant. Aucun parti politique n’a pris le pouvoir aux premières élections où il s’est présenté. Par exemple, c’est à sa troisième élection que le PQ a pris le pouvoir. Construire une alternative est un long processus, mais c’est la seule porte de sortie vis-à-vis de l’impasse actuelle. Québec solidaire aura la patience qu’il faut pour grandir et travailler chaque jour à bâtir un parti qui aura, à terme, la capacité de prendre le pouvoir. Il faut voter pour ses convictions.

Mythe 10: Repaire d’islamistes contrôlé par Amir Khadir.

Fait : Islamiste veut dire un musulman fanatisé qui utilise la doctrine religieuse pour arriver à des fins politiques. Or, Amir Khadir est laïc. Amir a immigré au Québec à l’âge de dix ans, a étudié au Cégep du Vieux-Montréal puis aux universités de Montréal et McGill en physique et à Laval en Médecine. Toute sa jeunesse étudiante a été marquée par sa lutte contre le régime théocratique en place en Iran. Il s’est consacré depuis 1998 à la défense du système public de santé. Souverainiste convaincu, il a été candidat du Bloc Québécois en 2000. Certes, ses idées de gauche soulèvent des débats. Il pointe les inégalités et les puissants qui en sont responsables. Il est alors facile d’attaquer l’homme plutôt que de répondre aux véritables enjeux qu’il met sur la table.

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