Suite à quelques discussions et à une inspiration due à Michael Carpentier, nous nous sommes dit que ce serait pertinent de briser certains mythes que les gens entretiennent envers Québec solidaire. Voici donc une série de 10 préjugés que nous côtoyons souvent en tant que parti politique, et vous êtes invités à commenter et à poser des questions pour approfondir!
Mythe 1: Parti de communistes.
Fait : Québec solidaire n’est pas un parti communiste. Les engagements électoraux actuels de Québec solidaire ne peuvent pas sérieusement être associés au nom de Staline, comme le faisait Richard Martineau, ou être qualifiés d’extrême-gauche, comme le prétend Antoine Robitaille. Les engagements actuels de Québec solidaire sont plutôt sociaux-démocrates et souhaitent une meilleure redistribution de la richesse d’un point de vue économique. On est très loin des plans quinquennaux, des goulags et des tickets de rationnement prisés par le « petit-père des peuples » autoproclamé. Au lieu de lire les engagements réels de notre parti, certaines personnes préfèrent se fier à des préjugés.
Cela dit, Québec solidaire vise à réunir la gauche et reconnaît la diversité des tendances. C’est pourquoi il existe divers collectifs au sein de notre parti dont le Parti Communiste du Québec (qui n’est pas plus stalinien que Québec solidaire d’ailleurs, car il a fait des bilans du communisme autoritaire). Celui-ci faisait partie de l’Union des forces progressistes avant sa fusion avec Option citoyenne en 2006. Les collectifs participent aux débats qui mènent aux engagements électoraux, mais une fois qu’ils sont adoptés, ils s’y soumettent comme le reste des membres.
Mythe 2: Juste sur le plateau.
Fait : Québec solidaire, c’est plus de 5 000 membres dans toutes les régions du Québec qui font vivre le parti. Depuis sa création il y a 2 ans, Québec solidaire a présenté des candidat-es dans les 125 circonscriptions du Québec. S’il est vrai que le parti obtient pour l’heure certains de ses meilleurs résultats dans l’Est de Montréal, des militant-es solidaires s’impliquent partout à travers le Québec pour faire connaître et faire grandir le parti. Comme la plupart des partis de gauche, nos appuis se concentrent dans les milieux urbains. Lors des dernières élections, Québec solidaire a obtenu des résultats prometteurs dans plusieurs villes du Québec, dont Rouyn, Québec, Hull et Rimouski.
De plus, la plate-forme contient des enjeux qui sont spécifiques aux régions, comme le renforcement des centres locaux de développement (CLD) et la prise en charge pour chaque région de la planification stratégique de ses orientations économiques. Nous souhaitons également favoriser la production et la consommation locales des aliments biologiques. Finalement, Québec solidaire tient compte des régions dans ses positions sur la nationalisation de l’éolienne, sur l’agriculture ou sur la gestion des forêts québécoises.
Mythe 3: Pelleteux de nuages.
Fait : Le cadre financier de Québec solidaire est le seul à divulguer de quelle façon le parti entend financer ses propositions électorales. Sur cette question, Québec solidaire est donc plus transparent que les autres partis. Les projets économiques de Québec solidaire, qui sont déjà en place dans de nombreux pays, permettront de relancer l’économie en donnant de l’emploi aux gens ordinaires et en leur laissant plus d’argent pour relancer la consommation. Ce sont les politiques économiques soi-disant réalistes prônées par l’ADQ, le PLQ et le PQ qui nous ont menées à la crise financière que nous vivons. Est-ce que c’était vraiment la meilleure manière de gérer notre économie ? La chose la plus réaliste actuellement est d’admettre que le marché est incapable de s’autoréguler, contrairement à ce qu’ont systématiquement défendu les grands partis. Faute d’une intervention de l’État dans l’économie, il ne restera bientôt plus grand-chose de la « réalité » que le marché laissé à lui-même est en train de dévorer, écologiquement et socialement. Dès lors, ce qui est réaliste n’est rien d’autre que ce qui est nécessaire.
Mythe 4: Pas de vrai chef.
Fait : Québec solidaire, c’est d’abord une équipe de gens compétents et dévoués pour le Québec. Le parti est dirigé par un comité de coordination national formé de 16 personnes. Les décisions ne sont pas prises par un seul individu/monarque, mais à travers des débats démocratiques, notamment avec la base lors des rassemblements. Bref, Québec solidaire est un parti démocratique, pas le parti d’une seule personne. Les porte-parole, Françoise David et Amir Khadir, participent aux prises de décisions et ont pour tâche de représenter le parti face au grand public et aux médias. Ce qui n’est pas sérieux, c’est des partis qui n’écoutent pas leurs membres.
Par exemple, André Boisclair s’est essuyé les pieds sur le programme de son parti et il a refusé d’entendre ses membres qui voulaient nationaliser l’éolien. À Québec solidaire, nous n’avons pas de chefs qui peuvent aller à l’encontre des décisions des membres, et ça nous plaît plutôt.
Mythe 5: Contre les hommes.
Fait : Ben non. Le féminisme, c’est vouloir s’assurer d’une réelle égalité entre les hommes et les femmes. Or, la structuration des rapports sociaux et économiques est toujours actuellement organisée au détriment des femmes. Pensons à l’équité salariale, à la violence faite aux femmes, à la pauvreté qui touche toujours plus durement les femmes. Les autres partis politiques, eux, ne semblent pas se soucier énormément de l’égalité des sexes. On le voit dans la répartition de leurs candidatures. Alors que Québec solidaire présente 53% de candidates, le PLQ en présente 33%, le PQ, 31%, le PVQ, 21% et l’ADQ n’en présente que 20%. À Québec solidaire, nous voulons donner aux femmes la place qui leur revient, une place égale à celle des hommes. Ce n’est pas être « contre les hommes » que de s’assurer que la société soit juste pour tous et toutes.
Mythe 6: Voter pour Québec solidaire, c’est diviser le vote souverainiste « de gauche » et faire gagner le Parti Libéral du Québec.
Fait : Le Parti Québécois est souvent à droite, parfois à gauche et il ne défend que timidement la souveraineté. Ses leaders ont, à de nombreuses reprises, appuyé le libre-échange et le néolibéralisme. Le déficit zéro de Lucien Bouchard a contribué à la désagrégation de nos services publics. Le Parti québécois ne parle que rarement de souveraineté, et lorsqu’il le fait, c’est généralement une stratégie autonomiste pour augmenter les pouvoirs du Québec dans le Canada, mais sans en sortir. Plusieurs souverainistes et électeurs de gauche préfèrent voter pour Québec solidaire, un parti qui défend à la fois la souveraineté et la justice sociale, à défaut de quoi ils préféreraient sans doute ne pas voter du tout. Pourquoi voudraient-ils être captifs d’un parti qui a trahi sa base historique et sa mission fondamentale ? De plus en plus de gens, d’ailleurs, ne votent pas, tant ils ont l’impression que jusqu’ici, aucun parti ne se souciait réellement du bien-être collectif. Si le Parti Libéral gagne, c’est parce que le PQ s’est trahi lui-même depuis des décennies, et ne réussit plus, voire ne cherche même plus à penser le Québec en dehors du néolibéralisme. Québec solidaire représente la seule opposition véritable au gouvernement Charest.
Mythe 7: Gang de granolas.
Fait : On pourrait facilement renverser ceci en disant que les gestionnaires cravatés sérieux des grands partis ont, depuis trente ans, défendu les pires farces en ce qui concerne la théorie économique, ce qui nous a menés au bord du gouffre financier. C’est à se demander si les « granolas » ne seraient pas mieux ! Mais répondons à l’objection de front. Les sympathisants de Québec solidaire proviennent de nombreux secteurs de la société : il y a des écologistes plus ou moins bruns, des travailleuses sociales d’âge variable, des universitaires engagés, des mécaniciens et des conducteurs de bétonnières. Bref, la liste est longue. Mais tout le monde est assez sérieusement préoccupé par ce qui se passe pour travailler comme des dingues, souvent bénévolement, pour construire un parti politique qui soit capable de mettre à la porte les partis traditionnels, dont tout le monde est sérieusement tanné, et enfin mettre des gens à l’Assemblée nationale dont le but est de servir le bien commun.
Mythe 8: Québec solidaire aurait dû se contenter d’être un groupe de pression.
Fait : Avec Québec solidaire, nous ne travaillons plus à tenter d’influencer un gouvernement contrôlé par un parti politique qui se bat contre la justice sociale. Nous cherchons à former le gouvernement et à élaborer les politiques qui feront de notre vision une réalité. Québec solidaire présente 122 candidat-es aux présentes élections. Quelques candidat-es ont de réelles chances d’être élu-es, en commençant par Amir Khadir et Françoise David. Nous en avons assez d’attendre des résultats qui ne viennent jamais. En 2000, Françoise David, alors présidente de la Fédération des Femmes du Québec, a coordonné la Marche mondiale des femmes (réunissant 164 pays ou territoires du monde) qui cherchait à apporter une plus grande justice sociale pour toutes et tous, contrer les violences faites aux femmes et les discriminations. La marche s’est terminée avec une manifestation de 30 000 personnes à Québec. La réponse du gouvernement péquiste de l’époque a été claire : un maigre 0,10$ d’augmentation du salaire minimum. George Bernanos disait : « On n’attend pas l’avenir comme on attend le train, l’avenir on le fait. »
Mythe 9: Québec solidaire n’a aucune chance de prendre le pouvoir.
Fait : Québec solidaire est un jeune parti. C’est en février 2006 qu’il a été créé. Comme Rome ne s’est pas faite en un jour, il est normal qu’encore beaucoup de Québécois-es ne connaissent pas encore Québec solidaire ou les idées qu’il propose. Mais déjà aux dernières élections, Amir Khadir est arrivé deuxième dans Mercier, à 1 000 votes du gagnant, et Françoise David est aussi arrivée deuxième dans Gouin, à 3 000 votes du gagnant. Aucun parti politique n’a pris le pouvoir aux premières élections où il s’est présenté. Par exemple, c’est à sa troisième élection que le PQ a pris le pouvoir. Construire une alternative est un long processus, mais c’est la seule porte de sortie vis-à-vis de l’impasse actuelle. Québec solidaire aura la patience qu’il faut pour grandir et travailler chaque jour à bâtir un parti qui aura, à terme, la capacité de prendre le pouvoir. Il faut voter pour ses convictions.
Mythe 10: Repaire d’islamistes contrôlé par Amir Khadir.
Fait : Islamiste veut dire un musulman fanatisé qui utilise la doctrine religieuse pour arriver à des fins politiques. Or, Amir Khadir est laïc. Amir a immigré au Québec à l’âge de dix ans, a étudié au Cégep du Vieux-Montréal puis aux universités de Montréal et McGill en physique et à Laval en Médecine. Toute sa jeunesse étudiante a été marquée par sa lutte contre le régime théocratique en place en Iran. Il s’est consacré depuis 1998 à la défense du système public de santé. Souverainiste convaincu, il a été candidat du Bloc Québécois en 2000. Certes, ses idées de gauche soulèvent des débats. Il pointe les inégalités et les puissants qui en sont responsables. Il est alors facile d’attaquer l’homme plutôt que de répondre aux véritables enjeux qu’il met sur la table.