J’ai toujours considéré que c’était plutôt con, les blogs. Sauf de rares exceptions où la valeur littéraire valait le détour, il m’a toujours semblé que c’était d’abord et avant tout une activité conçue pour rendre plus intéressantes les journées mornes de celles et ceux qui s’ennuient devant des écrans. Beaucoup d’observation de nombril au microscope électronique, de longues diatribes sur des anecdotes, des tentatives stylistiques bancales, bref, rien de très amusant. Je suis de ceux, généralement honni par les blogueurs, qui trouvent que faire des choses pour vrai est encore plus le fun que d’en parler. Comme disait l’autre : il y a, sur la blogosphère, plus affaire à interpréter les interprétations qu’à interpréter les choses, et plus de blogs sur les blogs que sur tout autre sujet: nous ne faisons que nous entre-bloguer. Un autisme généralisé quoi…
C’était avant de travailler quotidiennement à côté d’une blogueuse professionnelle. À vue de nez, les symptômes sont pires encore que ce que je croyais. On dirait une statue, mais en moins interactif.
Elle reste immobile toute la journée entouré d’un lent murmure de clavier. Si vous avez le malheur de vous adresser à elle il faudra hausser le ton, claquer des doigts et vous répéter deux trois fois. Elle vit ailleurs, dans un autre lieu.
Elle a dessiné une carte, sur un mur. Des liens entre les blogs politiques, les blogs personnels et Québec solidaire. Genre de cartographie du système de la blogosphère avec nous comme soleil. Elle se lève parfois pour compléter la carte, rapidement, avant de retourner à son clavier.
Autre étrangeté, elle rit sans raison, parle à des gens qui ne sont pas là et s’exclame que telle personne dont je n’ai jamais entendu parlé nous trouve cool ou que tel autre nous appuie. Difficile de ne pas se réjouir, sans pouvoir dire pour autant que je comprend ce qui se passe…
Dernier phénomène bizarre qui démontre qu’Internet a quand même un impact dans la réalité : notre blogueuse a reçu des fleurs. Un message anonyme : « Tu dois souvent être au bureau ces temps-ci alors je te les envoie ici ». Le perspicace personnage a réussi à faire rougir les joues de notre statue (bonne nouvelle comme elle blêmit de jour en jour). Elle a baptisé ces végétaux jaunes « Fleurs 2.0 ». Il paraît que c’est un gag…
-Simon Tremblay-Pepin, responsable des communications pour la campagne
47 réponses jusqu'à présent ↓
Anne-Marie // 3 décembre 2008 à 12:46
Ah, Simon… Hannah Arendt disait elle-même que « Les mots justes trouvés au bon moment sont de l’action ».
Simon Dor // 3 décembre 2008 à 1:13
“Beaucoup d’observation de nombril au microscope électronique, de longues diatribes sur des anecdotes, des tentatives stylistiques bancales, bref, rien de très amusant.”
Il ne faut pas faire un amalgame facile entre la forme et le fond. Même si tous les blogues avaient été stupides, il aurait erroné de dire que tous les blogues sont stupides, car leur principe ne l’est pas.
Jacky V. // 3 décembre 2008 à 1:24
Hmmmm. Dans un monde où il est parfois difficile de trouver des gens qui partagent nos valeurs dans notre quartier, les blogues nous aident à établir des connections et des communautés outre-mer. Je suis un bloggeur transsexuel qui va chercher la plupart de son soutien à travers les blogs. Nous avons notre communauté sur WordPress.
2e chose: J’aimerais mieux comprendre ton analogie avec l’autisme car je ne vois pas le rapport. J’ai un enfant autiste et j’entends beaucoup et alors beaucoup de stéréotypes au sujet de l’autisme et j’aimerais savoir quel en est ton interprétation. Merci.
Anne-Marie // 3 décembre 2008 à 1:37
Je crois qu’en fait il veut dire qu’au début il ne voyait pas l’utilité des blogues, mais que le fait de travailler à côté de moi lui a un peu ouvert les yeux sur l’impact que ça peut avoir dans la réalité.
Anne-Marie // 3 décembre 2008 à 1:38
Mais bon, il viendra répondre lui-même
Noix de guerre // 3 décembre 2008 à 1:44
@jacky v. Je me permets de tenter une réponse, mais je le laisserai aussi parler pour lui dans un autre tantôt.
Comme beaucoup, les autistes que je connais proviennent des films hollywoodiens, de quelques vidéo youtube et d’un peu de lecture (entre autre le très bon roman “Le bizarre incident du chien pendant la nuit”). Un des éléments qui retient l’attention, est la difficulté des autistes à communiquer avec le monde extérieur.
L’insistance bloguiste de notre cyber-dépendante, euh.. militante donne cette impression d’être coupée du monde, mais pas. Elle réagit, mais pas comme les autres. Autre chose la touche, et on ne comprend pas bien quoi, comment ou même qui.
Francis Ménard // 3 décembre 2008 à 2:14
Sans la nommer, quiconque connait un peu Anne-Ma (ou va****) l’a reconnu facilement dans la description du personnage fait par Simon.
La première image qui m’est venu en tête c’est elle, a son ancien appart dans le divan 1 place. Tu pouvais entrer dans l’appart, lui dire bonjour, passer quelques minutes (heures) présent dans la même pièce, si elle avait son ordinateur sur elle, il était fort probable qu’elle n’est pas aperçue ta présence. En fait, si le monde pouvait ne pas exister à cet instant elle en aurait certainement été plus heureuse, à voir le peu d’attention qu’elle donnait à tout ce qui n’avait pas été binaire dans les secondes précédentes.
Concernant les blogues, cette « autismerie collective » pour reprendre un peu Simon, je la trouve vraie à plusieurs égards, tellement qu’il est difficile de réellement palper les effets réels d’une telle activité.
La puissance du Web en politique… Image maintenant banale (pour ne pas dire lieu commun) mais la campagne Web d’Obama a-t-elle eu un réel impact sur le résultat final. Les médias traditionnels ont extrêmement parlé de sa campagne Web, mais dans la vie du citoyen, elle a joué un rôle?
Je suis toujours mitigé par la réelle puissance du Web. Peu de gens autour de moi ont adopté ces nouveaux médias pour l’information ou pour s’exprimer. Journaux et télévision occupent encore une place très grande. Le Web va-t-il chercher un public à ces médias traditionnels? Ou va-t-il simplement rejoindre des fans-déjà-fini-vendus ou des gens que ces médias ne rejoignent déjà pas depuis bien longtemps?
Simon T-P // 3 décembre 2008 à 3:04
@Simon Dor
Je ne soutiens pas que tous les blogs sont stupides, d’entrée de jeu je reconnais que certains sont biens écrits. Mon problème est plutôt l’ennui que leur lecture suscite en moi.
@Jacky V.
Évidemment, mes commentaires se basent non pas sur la réalité de l’autisme, mais plutôt sur le genre de lieu commun généraliste que Noix de guerre évoquait. Pour moi, l’autiste est piégé dans un monde forclos. Je citerais le Trésor de la langue française: “Il y a donc une activité autiste, comme une affectivité et une pensée autistes; elle nous fait saisir la différence entre l’intraversion et la dissonance. Aussi bien que dans une rêverie, je puis m’enfermer dans une action : tel cet autre malade qui plante un clou et quand on crie : « Au secours! » à côté de lui, ne dévie pas d’un geste son petit travail. L’activité normale part d’un élan personnel, mais s’épanouit dans le réel ambiant pour s’y intégrer. Chez le schizophrène, il y a rupture brutale de l’un à l’autre.”
Anne-Marie // 3 décembre 2008 à 3:05
@ Francis : Ben là, je te faisais quand même à manger quand tu venais chez nous, ein? :-p
Mais bon, tu iras te promener un peu sur la blogosphère en suivant les blogroll, et tu verras qu’il y a beaucoup plus de gens qu’on pense qui s’y impliquent et qui se définissent à travers ça. Et comme disait jacky, ça permet de faire des réseaux sociaux important qui peuvent avoir un certain poids dans la vie de quelqu’un.
Par rapport à Obama, internet a eu une certaine puissance dans la création d’un mouvement en sa faveur, et sa lui a permis de se donner une marge de manoeuvre supplémentaire par rapport aux médias traditionnels. Vite comme ça je pense à un truc comme Fight the smears, qui a eu un certain impact. Sinon, ça permet de créer des sorte “d’assemblées de cuisine virtuelle” (un peu comme ici), qui permettent de débattre avec des gens qu’on ne rejoint pas dans le “monde réel”.
Anne-Marie // 3 décembre 2008 à 3:09
Mais c’est sûr qu’il faut allier ça avec du travail terrain, ceci dit.
Anne-Marie // 3 décembre 2008 à 3:20
@ Simon T-P: Bon, ça y est, je suis une schizophrène maintenant…. À quand les 10 mythes à défaire sur Anne-Marie? :-p
Mais bon, tu serais malvenu de te plaindre, considérant les impacts que ça a sur certains aspects de la campagne. Il y a des gens qu’on ne serait pas allé chercher autrement, et qu’on a convaincu avec notre implication 2.0. Je pense bien que je devrais te faire lire quelques textes (de blogues, quelle horreur!) sur l’apport internet de la campagne d’Obama. Inculte, va, mais je te pardonne…
Philippe Le Roux // 3 décembre 2008 à 4:14
Une conversation sur un blogue à se demander si les blogues bloquent ou alimentent les conversations. Intéressant et paradoxal
Redge // 3 décembre 2008 à 4:17
@Francis Ménard: Tu demande “Le Web va-t-il chercher un public à ces médias traditionnels? Ou va-t-il simplement rejoindre des fans-déjà-fini-vendus ou des gens que ces médias ne rejoignent déjà pas depuis bien longtemps?”
La puissance du web est bien réelle. Les moins de 30 ans délaissent de plus en plus la télé et les journaux pour le web. Je suis personnellement un de ceux-là. Je n’ai pas de télé et je ne lis pas les journaux, même si je vais régulièrement sur Cyberpresse
Il est évidement que ce n’est pas le cas de tout le monde. La TV et les journaux occupent encore un grand place, mais pour combien de temps encore?
Gygantar // 3 décembre 2008 à 4:47
Moi j’ai dit immédiatement que j’ai trouvé ça sweet pour les fleurs! ^^
D’ailleurs, la lutte politique sur internet à sauvé la démocratie selon moi. Les citoyens sont beaucoup plus informés (malgré la malbouffe informationnelle, la propagande, et les sources douteuses de parfois) et Québec Solidaire a beaucoup a retirer à mobiliser ses troupes dans le monde virtuel, ainsi que d’intéresser un nouvel auditoire dans le confort de leur foyer.
Ceci dit, j’aurais bien voulu voir les joues rougir de la dite blogueuse!
Simon T-P // 3 décembre 2008 à 5:22
@Gygantar
Tu as juste à lui en reparler, elle rougie presque instantanément ;oP
Anne-Marie // 3 décembre 2008 à 5:27
Procès d’intention.
MartinPM // 3 décembre 2008 à 9:07
@ Simon T-P: Je peux comprendre, M. T.-P., votre ennui qui surgit à la lecture de certains blogues. Les blogues d’opinions ou d’analyses ne sont pas ma tasse de thé. Par petites doses seulement ou plus intensément, par exemple, pendant la campagne électorale.
Toutefois, d’autres types de blogues me rejoignent pour deux raisons qui n’ont pas été exposées ici. Premièrement, je suis un russophile pathologique, et les gens de ma condition ont autant de difficulté de s’informer sur l’actualité russe par les médias occidentaux que par les médias russes. Les blogues représentent alors une bonne alternative aux médias traditionnels. Pas nécessairement beaucoup plus fiables, mais pas moins, et ils abordent souvent les questions politiques d’un angle différent.
Dans un autre esprit totalement, les blogues sont une belle plateforme de diffusion pour les artistes visuels. Beaucoup d’illustrateurs et d’auteurs de bandes-dessinées s’en servent pour publier leur travail et échanger. Ça ne coûte pratiquemment rien et c’est très efficace. Je m’en sers d’ailleurs moi-même de manière bien modeste.
kannoneko // 3 décembre 2008 à 9:09
J’appuie les dires de M. Ménard, ayant été, en ma qualité de coloc de la dame depuis 2 ans et demie, témoin de la coupure totale entre notre monde et le sien.
…elle en a même perdu un chien. Sérieusement.
@Simon
Donc, je ne suis pas le seul à ne pas connaître les gens dont elle me parle, qui semblent changer à chaque demie-heure. Ça me rassure.
Redge // 3 décembre 2008 à 9:12
Au fait, la bannière du blogue n’est pas tellement à votre avantage je trouve…
kannoneko // 3 décembre 2008 à 9:14
@Redge
C’est la bannière qui accompagne les 10 mythes (voir l’article tout juste sous celui-ci)
nicolask7 // 3 décembre 2008 à 9:29
Quelle métaphore! Anne-Marie sème des graines et bien qu’elles semblent virtuelles pour le néophyte, force est de constater que ces dernières grandissent et finissent par apporter des fleurs bien réelles
Martin Comeau // 3 décembre 2008 à 11:25
Peut-être que si l’on prend le tout du point de vue rédactionnel, alors on cesse un peu de voir la bibitte aussi étrangement
Parce que le blogue n’est que l’outil, ici on parle autrement de rédaction politique, tout simplement, et comme pour plusieurs rédacteurs, le web est aussi devenu une façon d’obtenir rapidement du feedback, et de pouvoir cartographier, modéliser l’influence et la pénétration des textes. C’est ce qui donne des sursauts physiques au rédacteur alors qu’à l’époque, c’était le coup de fil du rédacteur en chef qui nous sortait de notre bulle
Redge // 4 décembre 2008 à 1:36
@Kannoneko: peut-être que ça aurait été plus approprié de mettre l’image dans le billet directement. Là c’est la première chose que les internautes vont voir en arrivant sur le blogue. C’est une mauvaise idée je trouve. Ce n’est pas pas tout le monde qui va faire le lien directe avec un billet qui n’est plus au top de la page…
Eric Noel // 4 décembre 2008 à 6:48
Comme responsable des communications, pourquoi avoir tenté l’aventure du blogue/witter si vous ni croyez pas (du moins au début de la campagne je présume)?
Fabian Rodriguez // 4 décembre 2008 à 9:53
Chacun a son côté voyeur. Ou troll. Ou sôcial (oui, avec l’accent circonflexe). Anne-Marie et son équipe on rapidement attiré toute cette faune autour de QS et son site + blog.
Ça fait changement des discours à sens unique et c’est peut-être ça qui nous fait revenir à chaque jour, partager chaque lien, commenter chaque billet.
D’ailleurs on devrait tous lui envoyer des fleurs
Phébus // 4 décembre 2008 à 10:08
Je pense que Martin Comeau a mis le doigt sur quelque chose: le blogue est un outil. Tout simplement. Ce n’est pas très différent du journal sinon qu’il est immatériel, en temps réel et permet une rétroaction à double sens. Le blogue, comme le journal de grand-papa, peut être un organisateur collectif pour peu qu’on s’en serve comme du monde. C’est juste une presse de combat sur un autre support.
Je sais, je sais, c’est facile d’être sceptique. Et pourtant… Ça marche! Ça marche pas tout seul et ça doit s’intégrer à d’autre chose mais ça apporte très certainement un plus “communautaire”.
Anne-Marie // 4 décembre 2008 à 10:47
Révolution 2.0
@ Phébus : je ne savais pas que les anarchistes-qui-votaient-QS-mais-qui-sont-redevenus-absentionnistes nous lisaient :-p
Redge // 4 décembre 2008 à 12:14
@Phébus: il faut aussi préciser que les blogues n’ont pas de frontière. Tout le monde sur Terre peut venir lire. Avec les avancés technologique au niveau des logiciels de traduction, je suis persuadé que la barrière de la langue sera bientôt une chose du passé.
Phébus // 4 décembre 2008 à 12:46
Ouai, l’Internet sans frontières je n’y crois pas trop. À l’occasion on peut vouloir lire des affaires d’ailleurs. Mais, dans les faits, la force d’un blogue c’est toujours son ancrage dans une réalité locale ou à la limite nationale.
Simon T-P // 4 décembre 2008 à 2:11
@Eric Noel
Je ne suis pas celui qui a tenté “l’aventure” blog/twitter, tout le mérite va à notre superstar responsable des cybermilitant-es. Cela dit, j’admets être étonné du succès actuel que nous avons sur internet. Malheureusement, les médias en parlent assez peu… …nous verrons les effets sur le vote.
Redge // 4 décembre 2008 à 3:05
@Phébus: C’est ton opinion, mais la force du blogue, c’est la liberté. T’es libre d’écrire ce que tu veux pour qui tu veux. C’est ça la force du blogue, il n’y a pas de limite. Yen a qui ont des blogues sur la cuisine asiatique, d’autre à propos de voyage, de film, de sport, etc…
Si tu veux écrire pour un public local, c’est libre à toi, mais le blogue n’y est pas limité.
Nicolas // 4 décembre 2008 à 3:24
Ouai, bon, c’est sur que si c’est un blogue de couture, les frontières n’ont pas d’importance… Mais je croyais qu’en laissant un commentaire ici, il serait clair que je parlais de blogues d’information sociale et politique.
kannoneko // 4 décembre 2008 à 3:29
@Simon T-P
En effet, grâce à Anne-Marie, l’exposition web de QS se porte très bien. Radio-Canada a fait un billet web sur nos mythes il y a 2 jours et ont souligné plus tôt dans la campagne l’existence de ce blog.
Nous sommes en fait le parti dont la campagne web fait le plus de vagues, je crois.
Anne-Marie Provost // 4 décembre 2008 à 3:49
@ Nicolas : si je comprend bien, tu affirmes que la force de frappe d’un blogue politique se restreint nationalement où localement dans la mesure où les gens qui y intéragissent sont souvent circonscrit dans un territoire précis. Et que l’objectif dudit blogue politique est de défendre des choses qui se restreignent à ce territoire, et qui représentent les intérêts de gens de ce territoire. Un genre de corporatisme tranposé sur le web, quoi.
Si c’est bien ce que tu supposes, je tenterai une réponse sur cette base.
Nicolas Phébus // 4 décembre 2008 à 4:32
Bon, en switchant d’ordi j’ai switché de username. Je comprend pas trop pourquoi, mais bon… Dans ce fil Nicolas / Phébus, c’est kif-kif. Ok?
* * *
C’est pas une question de corporatisme, c’est une question d’écho, de résonance.
Dans mon aggrégateur de contenu, il y a Le Devoir, Le Soleil et l’Humanité. C’est drôle mais, même si je suis politiquement plus proche de l’Humanité, je vais rarement voir plus loin que les titres. Celui que je consulte réellement c’est Le Soleil. Pourtant, je préfère Le Devoir. Sauf que, bon, je vis à Québec. Donc c’est Le Soleil qui «me parle le plus».
C’est la même chose pour les blogues. Je suis une centaine de blogues d’un peu partout dans la francophonie et l’anglophonie. Comme par hasard, je fini presque systématiquement par cliquer sur des blogues québécois ou canadien. C’est très rare que je vais voir les trucs français ou belges. Pourtant, il y en a de très bon. C’est juste que, bon, c’est franco-français… Ça ne me parle pas. Ou si peu.
Finalement, il semble que je ne sois pas le seul dans cette situation. Si je regarde les statistiques de notre blogue, ben je me rends compte que les 2/3 de nos hits viennent du Canada (du Québec en fait). Je serais curieux de savoir ce qu’il en est du blogue de QS…
Anne-Marie Provost // 4 décembre 2008 à 5:14
@ Nicolas
Ah ok, tu fais référence à un truc du genre “echo chamber” http://en.wikipedia.org/wiki/Echo_chamber#As_a_media_metaphor
Dans ce cas, l’information véhiculée sur un blogue politique québécois résonne surtout dans des lieux spécifiquement québécois… Je ne sais pas pour les stats de ce blogue en particulier, mais ça doit surtout venir du Québec même si Twitter (entre autre) permet de dépasser certaines frontières. Axel Mario, par exemple, nous lit régulièrement mais il vient d’Europe, et je suis sûre que quelques personnes de d’autres pays regardent les approches web des partis politiques québécois. Mais bon, j’aimerai bien les chiffres aussi, toutefois je n’arrive pas à les trouver dans les stats.
Mais évidemment, on reste dans le cadre de blogues de partis politiques ou d’organisations sociales aux visées nationales… Quoique bon, parler de visée nationales seraient ironique comme affirmation si on parle du blogue de la NEFAC :-p
Ceci dit tu t’y connais surement plus que moi là-dessus, mais je pense qu’au fondement cet état de fait est lié à une question territoriale et d’intérêt particulier qui y sont reliés. Ça circonscrit la résonnance, si je peux m’exprimer ainsi.
Phébus // 4 décembre 2008 à 11:42
En fait, non, pas vraiment (je ne connaissais pas cette théorie d’echo chamber). J’utilisais le terme dans son sens courant. Je partais plutôt de ce qui me semble être le gros bon sens. Le monde a beau être un village global, dans le fond, ce qui nous intéresse c’est ce qui se passe au coin de la rue. Pas par étroitesse d’esprit mais parce que ça nous concerne directement et parce qu’on peut s’identifier.
Y’a ça mais y’a aussi le fait qu’on écrit toujours à partir d’une perspective. L’objectivité –surtout sur les blogues!– n’existe pas. On traine avec nous notre culture, nos à priori et tout un paquet de chose quand on écrit. Alors c’est sur que cette perspective aura plus d’écho, de résonance auprès de lecteurs et de lectrices qui la partagent.
Ce que je constate c’est que lorsque l’on reste dans l’abstrait des grands principes universels, on peut avoir un lectorat global. Mais on a aussi une influence nulle. C’est quand on rentre dans le concret, quand on se rapproche du terrain, qu’on peut avoir une influence. Mais là, le lectorat se rapproche.
Bon, je m’égare. Ce que je voulais dire c’est que oui, on peut avoir un lectorat international avec un bon blogue. Je sais que c’est le cas avec Voix de faits. Mais le gros du lectorat est en général concentré localement. Et c’est juste normal.
Phébus // 5 décembre 2008 à 12:23
Eh, oh, en passant, j’aimerais bien la voir moi cette carte de la blogosphère solidaire…
Redge // 5 décembre 2008 à 3:41
@Phébus: Qu’est-ce que le gros bon sens? Assez relatif, non?Personnellement, quand j’écris sur mon blogue, j’écris pour les internautes francophone, point. Qu’ils viennent de l’Europe ou de Trois Pistoles, je m’en fou. J’écris pour être lu par le plus de gens possible.
Pour ce qui est des blogues sur l’actualité, là je suis d’accord avec toi. Je lis beaucoup plus l’actualité Québécoise et Américaine. Par contre, ça occupe une petite partie seulement de ma “routine” internet. En gros, je passe plus de temps sur des blogues “divers” que des blogues d’actualité.
Anne-Marie Provost // 5 décembre 2008 à 9:40
@ Phebus :
Bon maintenant je pense que je comprend mieux ton point. Je cogite sur ça en me dirigeant à mon lieu de cyber-travail.
Et si tu veux voir la carte, tu n’as pas le choix de venir au bureau national de Québec solidaire : elle y est collée sur un mur en permanence. Je sais, c’est pas très démocratique comme procédé, mais bon.
Francis Ménard // 5 décembre 2008 à 10:34
Point de vue français (européen) sur la campagne Web d’Obama
(Un reportage de Ronan Le Goff et Caroline Libbrecht, avec les moyens de Stations-Services.)
http://www.dailymotion.com/video/k3ltWR2hYPOyjyPxRV
Anne-Marie Provost // 5 décembre 2008 à 6:31
@ Phébus :
Ce que je prévoyais à la base avec ce blogue, c’est que des gens de toutes les régions et de tous les niveaux hiérarchiques de Québec solidaire y écrivent : des organisateurs, des candidats, des bénévoles, etc,
Le fait de faire en sorte que des gens de tous les milieux/réalités écrivent ici peut peut-être, dans certains cas, ouvrir des perspectives où on ne serait pas allé de prime abord mais qui peuvent être intéressantes quand c’est un simple profane qui vient ici. Bref, le but ici est de couvrir le plus de “champs perceptifs locaux” possibles et d’en faire bénéficier les autres…
La “ligne éditoriale” de base que je préconise avec tout le monde est la suivante : http://www.chroniquesblondes.com/2008/11/06/and-the-winner-is/
Je crois que ça rejoint ce que tu dis quand tu parles de résonance auprès des lecteurs. L’idée ici est que le dude de Sherbrooke se sente autant concerné que le lecteur de Montréal quand il vient ici. Mais c’est sûr qu’il y a des sujets qui pognent plus, notamment ceux qui traitent d’internet, et c’est aussi relié à la publicisation des billets. Les 10 mythes et mon billet sur le débat des chefs sur le web avec Françoise ont été propagés assez loin, ce qui explique la grande affluence dans nos stats à ces moments. Et quand ça descend, le niveau le plus bas est beaucoup plus haut qu’au début de la campagne. On s’est créé un genre de lectorat quotidien entre autre avec ces 2 billets, probablement parce qu’ils rejoignent beaucoup de gens.
Mais j’ai la très forte impression que bâtir un blogue et un lectorat réellement permanent et intéressé qui a envie de commenter demande plus de temps qu’un mois. Je me demande comment faire pour qu’un blogue de parti reste intéressant et actif même entre 2 élections. Je cogite là-dessus.
Sarah Girard // 5 décembre 2008 à 8:00
WOw ! Quelle description ! Je reconnais bien là notre petite Anne-Ma, je me sens un peu rassurée de savoir que ce n’était pas une perception erronée de ma part ! C’est épeurant parfois quand la statue revient à la vie et qu’elle s,adresse à nous, des fois , on sait pas vraiment si c’est vraiment à nous qu’elle parle ou si c’est encore un commentaire sur cyberespacien ! Bravo pour le liens avec l’autisme, tant qu’elle ne tombe pas dans le “tautisme”, elle peut encore sauver un peu de dignité
.
Bravo pour les “Fleurs 2.o” J’adore , jme suis tordue de rire !
Lâchez pas ! un dernier sprint !
Anne-Marie Provost // 5 décembre 2008 à 8:32
Je ne devrais pas me tenir avec des gens aussi taquins.
Phébus // 5 décembre 2008 à 10:29
Moi j’ai bien aimé ce blogue. Je trouve ça intéressant de pouvoir voir un peu de l’intérieur. Ça satisfait mon petit côté voyeur…
Je veux souligner que je n’émettais pas une grande théorie sur le web. Je faisais juste réagir à un commentaire à partir de ce qui me semblait aller de soi. Maintenant, il me semble que ce blogue est fondamentale ancré dans une réalité sociale donnée: idéologique, c’est de QS que ça parle; temporelle, ça n’aurait pas autant de sens en dehors d’une campagne électorale; spatiale, c’est au Québec que cette campagne a lieu. Donc, à part des cadres et des militantEs de petits partis de gauche qui seraient curieux, j’imagine que l’immense majorité des lecteurs sont des québécois de gauche et / ou des québécois mordus de politique.
Je suis que vous aller réussir à trouver une manière de créer un blogue intéressant et actif, même entre deux campagnes. C’est pas sorcier, c’est le principe de la chronique. Si René Lévesque a été capable d’alimenter une chronique régulière dans le Journal de Montréal de sa sortie du Parti libéral et son retour à l’Assemblée nationale (il ne faisait pas partie de la première vague d’élus péquistes), j’imagine qu’une équipe de QS peut faire de même avec les moyens d’aujourd’hui.
Moi, ce qui m’intéresserais personnellement ce serait un truc multi-média qui mélange les commentaires vidéo de style «point d’Amir» avec du commentaire d’actualité à la limite de la chronique, des petits reportages et des chroniques internes.
chanceuse // 7 décembre 2008 à 4:15
Vous devez continuer l’aventure web après les élections. Vous ne vous doutez même pas à quel point votre rôle est primordial pour la croissance de QS et l’émancipation de sa base potentielle.
Vous êtes le lien qui manquait pour rendre QS accessible au commun des mortels.
J’ai connu l’UFP en 2004 sur un forum de discussions. Ça répondait vraiment à un besoin. J’ai travaillé fort pour en apprendre le plus possible à ce sujet. Toujours sur le web, j’ai suivi et alimenté certains débats sur la création de QS. Pour finalement m’impliquer totalement dans la campagne 2007, sur le terrain cette-fois.
Je suis bien fier de ce que j’ai accompli mais en même temps, c’est pas ma tasse de thé. Je ne suis pas Simon T-P.
Mes parents, la proche famille, l’éloignée, les amis, les collègues, les voisins… tous branchés sur TVA, TQS, CKOI, Rock-Détente, Journal de Mtl… et internet.
Bien sûr, QS n’arrive pas à pénétrer les médias de masse et si vous voulez mon avis, c’est pas moi qui m’en plaindrai. Saloperies de merde. Il faut absolument que ces gens passent à autres choses… Ceci dit en toute fraternité. Il reste donc internet.
Moi, sur le terrain, je peux défricher un max, jouer le sympathique révolutionnaire du dimanche, l’avocat du diable mais à un moment donné, je dois pouvoir m’en référer à une quelconque instance supérieure, ne serait-ce que pour faire contrepoids à l’artillerie lourde des Denis Lévesque, Jean-Luc Mongrain, Richard Martineau et cie. C’est bien beau le site de QS(avant élections) et Presse-Toi À Gauche, pour le convaincu d’avance ou presque, mais ces sites sont totalement rébarbatifs, dans la forme, toujours et trop souvent sur le fond, pour le néophyte.
Votre initiative est une rose dans le jardin de fumier qu’est la blogosphère, voir le web tout court. Longue vie à Anne-Marie et sa rigueur. Et qu’elle sache décrocher à temps !
Anne-Marie Provost // 8 décembre 2008 à 12:59
@ Phebus :
Je prend note, avec attention. Merci de m’avoir un peu aidé dans mes réflexions.
@ chanceuse :
Je ne crois pas que je vais décrocher. Je suis déjà cyber-dépendante