Je suis allé retrouver mes collègues cyber-militantEs à l’Amère à Boire à 18h. On voulait se voir au-delà de nos identités virtuelles, partager de vive voix nos impressions, nos pronostics, nos attentes, nos craintes. Dominique, Laurent, Anne-Marie, Sarah et moi avons trinqué et mangé avant de se rendre au Medley.
Portes closes (il était 19h45), la sécurité du Medley, habituée aux shows de metal, ne voulait pas faire rentrer cette horde menaçante de militantEs et sympathisantEs qui gelait à -20 degrés. Bon, nous avions la chance d’être dans le lobby, tous serrés : jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, militantEs endurciEs et sympathisantEs récemment convertiEs. D’autres moins chanceux ont dû attendre dehors.
Lorsque les portes ont finalement été ouvertes, le vestiaire passé, j’ai pu observer l’état des lieux : deux gros écrans et des micros sur la scène, la régie au balcon et, au fond du premier étage, toute une rangée de journalistes cordés derrière leurs ordinateurs portables. L’atmosphère, au début, était calme mais chargée. Avec Dominique, Sarah et Laurent, je jasais de trucs et d’autres en attendant les premiers résultats. Anne-Marie s’était retirée au balcon afin de twitter dans le «calme» : on pouvait voir Viviane, Éric, Francis, Pac, Eve-Lyne et tous les autres se promener d’un bord et de l’autre, s’envoyer des messages avec leurs radios, répondre à 4 cellulaires en même temps et boire des gorgées de bière au passage.
À mes côtés, on faisait des blagues, on suivait les résultats, et Laurent confirmait sa dépendance au web, toujours les yeux rivés sur son Ipod Touch (nous en avons profité quand même !).
Amir allait gagner, nous le sentions. À chaque fois que ses résultats étaient affichés sur les écrans s’ensuivait une ovation à tout rompre. Alexa nous a ensuite appris la triste nouvelle de la défaite de Françoise, qui d’ailleurs semblait se tenir en équilibre entre la joie et la déception. L’annonce de la démission de Mario Dumont est toutefois venue chasser le nuage et provoquer une salve d’applaudissements. Puis, il y a eu les discours. Que tous ceux qui cassent du sucre sur le dos des immigrants viennent me prouver qu’ils connaissent mieux leurs références culturelles qu’Amir : peu de gens sont en mesure de citer Miron, Godin et Dubois avec autant d’habileté que notre porte-parole. Je crois qu’il y a quelques personnes qui ont dû s’étouffer avec leurs chips en l’entendant hier soir.
Ensuite, la salle s’est graduellement vidée. J’ai fait le tour de mes connaissances dans le milieu militant de QS, de Marie à Roger en passant par Étienne et Laury, tous semblaient être dans le même état que moi : entre la joie, l’incrédulité et le questionnement sur l’avenir.
Nous avons un député !
Nous serons dans les tribunes !
Enfin la gauche à l’Assemblée Nationale !
… mais nous avions peine à y croire. C’est le rêve de 3 générations que nous venions de voir se réaliser, et tout ça, le passé de la campagne, le présent de la soirée et l’avenir à l’Assemblée, tout était énorme, immense. Comme l’a dit Éric, dans l’un de ses nombreux élans hegeliens : «Nous sommes arrivés à ce qui commence.»
Ensuite, j’ai donné un mini coup de main pour le démontage, puis rôdé dans le backstage. L’atmosphère y était pour le moins particulière : Amir qui parle avec sa famille et qui me donne un chargeur de batterie, Simon qui boit du scotch à la bouteille (je n’ai pu résister à lui en arracher quelques gorgées), tout le monde qui cherche tout le monde dans ces corridors étroits, les gardiens de sécurité qui nous disent en franglais que le vestiaire va fermer, Anne-Marie qui disparaît sans cesse.
Finalement, Sarah, Anne-Marie, Simon et moi avons pris le taxi jusqu’au Dieu du Ciel, où le party de fin de soirée battait son plein : comme une grosse famille entassée dans un espace trop petit, nous avons bu et dansé, jasé et célébré.
Quelques mots avec Éric
Discussion avec Guillaume, Marie et Sarah
Trinquer avec Amir
D’autres échanges avec Éric
Saluer Manon
Accolades multiples avec Sébastien, Simon, Alexa, Roger
High-Five avec Luis
Danser avec Anne-Marie, Sarah, Simon, Marie, Sébastien, Amir, Alexandre et d’autres gens dont je ne connais pas le nom
Rentrer chez moi et me coucher avec le sourire
Il faut désormais préparer la suite des choses, mais pour l’instant je demeure baigné dans l’impression que j’ai assisté à l’histoire qui se faisait et qui se fait encore. Entre le bruit des mains qui claquent, les cris de joie, la musique sur la piste de danse, les lumières du bar, les sourires des gens et la franche camaraderie de ceux et celles qui ont oeuvré à un but commun, je me suis rappelé des raisons pour lesquelles je fais de la politique.
-Ludvic Moquin-Beaudry, co-responsable des cyber-militantEs
ps.: Laissez-nous vos impressions, vos histoires sur la soirée électorale.